L'art d'avoir toujours raison (5 stratagèmes suivant)
6. AFFIRMER PÉREMPTOIREMENT
Tout discours s'appuie sur des prémisses. Pour élaborer une thèse, il faut s'entendre sur un certain nombre d'affirmations. En s'appuyant sur une « vérité d'évidence », en postulant ce que l'on aurait à prouver, on peut conduire l'interlocuteur à reconnaître la validité de notre thèse.
La répartie à ce stratagème consiste à réfuter systématiquement chacune des prémisses de notre interlocuteur.
Ex. : Affirmer l'incertitude de la médecine en affirmant l'incertitude de tout savoir humain.
7. NOYER LE POISSON
Poser beaucoup de questions à la fois et élargir le contexte pour cacher ce que l'on veut véritablement faire admettre. En revanche, exposer rapidement son argumentation à partir de concessions obtenues, car ceux qui sont lents à comprendre ne peuvent suivre exactement la démonstration et n'en peuvent voir les défauts et les lacunes éventuelles.
Ex. : Tout débat à la Chambre des communes en fournit d'abondants exemples.
8. SUSCITER LA COLÈRE DE L'ADVERSAIRE
Mettre l'adversaire en colère, car dans sa fureur il est hors d'état de porter un jugement correct et de percevoir son intérêt. On le met en colère en étant ouvertement injuste envers lui, en le provoquant et, d'une façon générale, en faisant preuve d'impudence. Si on le connaît personnellement, on peut exhiber son point faible. En parlant ouvertement ce dont il a honte on va brouiller son esprit et il sera incapable de formuler un jugement cohérent.
Ex: genre l'autre a fais une connerie dans le passé, ressortir ça pour le discrediter et l'énerver
9. BROUILLER LES PISTES
Ne pas poser les questions dans l'ordre exigé par la conclusion qu'il faut en tirer, mais dans toutes sortes de permutations ; il ne peut savoir ainsi où on veut en venir et ne peut se prémunir. On peut aussi utiliser ses réponses pour en tirer diverses conclusions, même opposées, en fonction de leur nature. Ce stratagème est apparenté au quatrième dans la mesure où il faut dissimuler sa manière de procéder.
Ex. : Le flic, durant son interrogatoire, va poser toutes sortes de questions sans rapport apparent entre elles afin, plus tard, de pouvoir en tirer des conclusions qui vont dans le sens de son enquête sans que le prévenu ne l'ait vu venir.
10. PAR L'ANTITHÈSE
Quand on se rend compte que l'adversaire fait exprès de rejeter les questions qui auraient besoin d'une réponse positive pour soutenir notre thèse, il faut l'interroger sur la thèse contraire, comme si c'était cela que l'on voulait le voir approuver ; ou tout du moins, lui donner le choix entre les deux de telle sorte qu'il ne sache plus quelle est la thèse à laquelle on souhaite qu'il adhère.
-->L'important est de prendre le dessus sur l'adversaire, lui montrer qu'il a tort et que nous avons raison. Nous pouvons donc feindre momentanément adhérer à sa thèse, l'appuyer avec nos propres arguments, pour ensuite le trouver en défaut sur un point qui la fasse s'effondrer.